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Pour le profane une Talbot est souvent une voiture d’origine anglaise, et pas seulement en raison de la conduite à droite. Le nom lui-même semble d’origine anglaise. Talbot, étymologiquement est un nom d’origine germanique déformation de Talbald (tal = vallée + bald = audacieux). Alors, vouloir retracer l’histoire de la marque Talbot nécessite de vous parler un peu d’histoire.

Lorsque Guillaume le Batard, duc de Normandie débarque en Angleterre et bat les anglais à la bataille de Hasting en 1066, il aurait eu à ses cotés un seigneur Talbot était d'origine française, il descendait de barons normands du pays de Caux dont on retrouve les descendants dans une vieille famille anglaise remontant au XIIème siècle. Vainqueur, Guillaume le Conquérant distribua des terres saxonnes à son entourage. Dans les années qui suivirent plusieurs soulèvements durent être réprimés. En 1069, les révoltés reprirent la ville d’York, un peu plus tard le château de Shrewsbury, point fort de la garde anglo-normande fut attaqué mais résista. Donc (et c’est ce qui nous intéresse) Shrewsbury existait déjà en 1069.

Installés en Angleterre les Talbot reçurent en 1442 le titre comtal de Shrewsbury que leurs descendants portent encore de nos jours. Le plus célèbre de la dynastie des Talbot c’est le général John Talbot 1er Comte de Shrewsbury (1373 - 1453) que l’on retrouve à la tête de l’armée anglaise chargée de la défense de la Guyenne et qui fut tué le 17 juillet 1453 au cours de bataille de Castillon (devenue Castillon la Bataille, en l’honneur de cette victoire historique) qui marqua la fin de la guerre de Cent Ans en 1453.

C’est à la fin du 19ème siècle que l’histoire industrielle de Talbot commence. Sa genèse est compliquée et tout comme l’histoire de son nom, son histoire industrielle se déroule de part et d’autre de la Manche.

Commençons par la branche française : Alexandre Darracq s’associe à Auroc pour lancer les cycles Gladiator. Un premier succès qui irrite les britanniques, alors leaders dans ce domaine, et qui lui font une offre de rachat si séduisante qu’il vend. Nous sommes alors en 1896 et, avec les fruits de cette vente, Alexandre Darracq fait construire une vaste usine, 33 quai de Suresnes dans le but de fabriquer des voitures sous le nom de Perfecta. Darracq commence par la production de tricycles et quadricycles à moteur De Dion de 1 HP ¾. Il présente au salon de l’auto de 1901 le type C, la première voiture française populaire produite en série. La construction automobile est définitivement lancée au 33 quai de Suresnes (devenu après guerre quai Gallieni).

Alexandre Darracq s’appuie sur une politique commerciale liée à ses succès en course (Coupe Gordon Bennett, Darracq 200 HP V8 des records de vitesse). L’entreprise est alors prospère.

Après avoir créé avec des financiers anglais une filiale à Londres, la « A. Darracq and Co. Limited », Alexandre Darracq crée une nouvelle usine à Milan en Italie, qui une fois revendue deviendra ALFA (Anonima Lombardia Fabricca Automobili), le 24 juin 1910 puis Alfa Roméo.

C’est un consortium anglais contrôlant déjà A.Darracq and Co. Ltd. qui se porte acquéreur de l’usine Darracq de Suresnes et de la filiale britannique. C’est l’un des associés de ce groupe, Owen Clegg, qui fut désigné pour diriger l’usine de Suresnes. Pendant la guerre, l’usine travaille pour la défense nationale, ce qui eut pour effet de renforcer la solidité financière de société anglaise.

Clément, qui lui aussi commença sa carrière par l’industrie de la bicyclette. Il s'associe avec la firme Gladiator, fondée par Alexandre Darracq comme nous l’avons vu plus haut, et sort son premier véhicule sous le nom de Clément-Gladiator. A partir 1901, Adolphe Clément prend son essor au sein de la jeune industrie automobile en bâtissant une superbe usine à Levallois-Perret où il construit des voitures légères, économiques et endurantes. Visant le marché anglais, Adolphe Clément signe un accord pour la construction automobile avec Lord of Shrewsbury and Talbot, le 12 juin 1902. Ainsi naît la firme Clément-Talbot. Après Clément-Talbot, le nom de Talbot-London fut rapidement choisi comme nom commercial pour les productions de la société Clément-Talbot. Les déboires personnels des deux fondateurs (décès de leur fils, en 1908 en course pour l’un, lors de la guerre pour l’autre), fit que la société Clément-Talbot s’associe en 1919 à la société A.Darracq and Co. Ldt.

Un an plus tard, ces deux sociétés créent avec la société anglaise Sunbeam, dirigée depuis 1909 par un ingénieur français Louis Coatalen, un consortium formant ainsi le groupe Sunbeam-Talbot-Darracq (S.T.D). Il s’agit surtout d’un accord financier, chacune des trois sociétés conservant son usine, ses techniques et sa politique commerciale. Les automobiles produites dès lors à l’usine de Suresnes prennent le nom de Talbot-Darracq, puis dès 1920 uniquement le nom de Talbot. Le nom de Darracq est cependant conservé pour la production de l’usine de Suresnes à l’exportation dans le Commonwealth, évitant ainsi la confusion avec les Talbot-London sur le marché anglais. Toujours sous la direction de Owen Clegg, pendant plus de dix ans (1922-1932), Talbot produit des automobiles très classiques et raffinées de puissance moyenne à moteur 4 (type DC et DD) puis 6 (type M67, K74) et même 8 cylindres (H78) et leur réputation s’appuie sur une politique sportive active, notamment en Grands Prix, en 1926 et 1927 avec la 1500 cm³ à 8 cylindres.Mais en 1933, l’avenir de la branche française du S.T.D semble compromis. Anthony Lago, ingénieur italien ayant fait carrière en Grande Bretagne, est alors détaché en France pour sauver Talbot. Né à Venise en 1893, Anthony Lago, se retrouve dès les années 20, en Grande Bretagne pour assurer la diffusion des Isotta Fraschini. Il devint ensuite directeur général de la Wilson Self Changing Gear Ltd., société exploitant les brevets de boîte de vitesse Wilson, boîte de vitesse présélective à engrenages épicycloïdaux. Dès son arrivée à Suresnes, Anthony Lago métamorphose l’entreprise, change la gamme, modernise l’usine, crée des produits plus séduisants. Il met rapidement en chantier un modèle équipé d’un moteur six-cylindres, le type T150, présenté en juin 1934. Il s’agit en fait du nouveau moteur monté sur l’ancien châssis de la Fulgur avec sa calandre en coupe vent. La nouvelle gamme ne sera effective qu’au Salon d’octobre 1934 avec la présentation du nouveau châssis de 2,95 m et de la nouvelle ligne de carrosserie équipée de la calandre inclinée. Dotée d’un moteur similaire, mais de 3 litres seulement, le succès commercial est au rendez-vous pour la T120 Baby Sport. La T150 équipée moteur 4 litres à culasse hémisphérique, donnera naissance à des versions de compétition (victoire au Grand Prix de l’ACF 1937 notamment) et à de superbes carrosseries issues des meilleures carrosseries parisiennes, comme les fameuses « Goutte d’eau » créées par Joseph Figoni. La plupart des Talbot de l’ère Lago sont bien évidemment équipées de la fameuse boîte Wilson.

A partir de 1946, Anthony Lago développe une voiture de grande puissance, le type T26, au moteur 6 cylindres de 4,5 litres. Moyennant des transformations mineures, elle est déclinée en monoplace ou en biplace : la T26C remporte le Grand Prix de Belgique 1949 (avec Louis Rosier aux commandes) et le Grand Prix de l’ACF 1949 (Louis Chiron). La T26 GS remporte les 24 Heures du Mans 1950 aux mains de Louis Rosier. Ce châssis T26 GS fut aussi habillé par les plus grands carrossiers parisiens.

Dès 1949, Talbot présente un modèle plus modeste, la T15 Lago Baby, une 4 cylindres de 2,7 litres. Malgré une baisse des ventes, Talbot tente de se maintenir au plus haut niveau avec des voitures de grand tourisme grâce à la T26 Lago Grand Sport de 1953, toujours avec le moteur de 4,5 litres puis avec la T14 Lago Sport 2500 - 1955/1956 (moteur 4 cylindres de 2,5 litres issu de la Lago Baby), toutes les deux dessinées par Carlo Delaisse. L’arrivée du moteur BMW V8 sur ce même châssis donne naissance au type América, mais malgré tout, la fin de la marque Talbot est proche.

En 1959, SIMCA essaie de sauver la marque en la rachetant mais elle commet l’erreur d’infliger un moteur de sa conception à la belle Talbot Lago Sport. Un an plus tard, la fabrication des Automobiles Talbot est suspendue. Le nom sera ressuscité par Peugeot entre 1979 et 1986, sans succès, mais cela reste une autre histoire.

HISTORIQUE DE LA MARQUE
  
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